La présentation cautionnée par l’officine publique France Stratégie (sponsorisée par Matignon) sur l’impact énergétiques des crypto-monnaies est dans la lignée des publications pseudo-scientifiques produites par les climato-sceptiques pétroliers et le lobby nucléaire.

L’énergie reste un sujet de prédilection pour les idiots utiles et la science de pacotille, hélas parfois financée par le contribuable. Pour les chercheurs qui ne trouvent rien, il est plus simple de dénigrer, au mépris de la vérité. Nicolas Taleb a écrit brillamment pas moins de 2 livres, Anti-fragile et Jouer sa peau, sur les lobbyistes qui vivent sans risques. Qu’en est il en réalité de l’impact environnemental de Bitcoin ?

1) La conso de l’algorithme proof of work représente la barrière physique opposée à une réécriture de la blockchain.

Pour le système bancaire traditionnel, la barrière de sécurité est constituée par plusieurs millions de postes de travail (400 000 environ rien qu’en France) dont l’empreinte carbone et la consommation électrique, ne serait ce qu’à titre de comparaison, ne semblent pas intéresser France Stratégie.

Lac de Limmern et barrage de Muttsee, Suisse,2014, image wikipedia

Lac de Limmern et barrage de Muttsee, Suisse,2014, image wikipedia

2) Les mineurs sont incités à utiliser l’énergie la moins chère, c’est à dire la surcapacité temporaire des infrastructures de production d’énergies renouvelables.

Cette surcapacité a une cause principale: les imperfections des réseaux de distribution de l’électricité auxquelles doivent se raccorder les nouvelles centrales hydrauliques, géothermiques ou solaires pour absorber la surproduction.

Par définition, les énergies fossiles ne sont pas disponibles en surcapacité. Donc, Bitcoin contribue indirectement et directement au développement des énergies renouvelables.

3) L’empreinte carbone du système bancaire traditionnel va bien au-delà de sa consommation.

Les prêts à intérêts qui sont au coeur de son fonctionnement, créent la monnaie correspondant au montant du capital du prêt mais pas les intérêts du prêt.

Ce mécanisme entretient une pénurie de monnaie structurelle qui affectent seulement les emprunteurs, obligés ainsi par les rentiers à produire toujours plus.

Le monopole de création monétaire des banques est donc consubstantiel à l’idéologie de la croissance à tout prix et l’hyper-compétition entre les individus, les entreprises et les nations au détriment de la collaboration nécessaire à la résolution des problèmes environnementaux.

Mine d'or artisanale, Ghana, image wikipedia

Mine d’or artisanale, Ghana,2016, image wikipedia

La présentation ignore aussi les conséquences de la substitution partielle de l’or-investissement par Bitcoin: l’empreinte carbone de l’or semble pourtant bien supérieure à celle de Bitcoin ne serait que par le coût environnemental et humain de son extraction (3000 tonnes d’or extraites du sol en 2017) et de sa logistique.

Il est vrai qu’en dénigrant Bitcoin, nos banquiers centraux font une impasse dont le coût prend des proportions historiques.

Le simple bon sens voudrait qu’ils placent une fraction de leurs dépenses inutiles (par exemple, les missions des consultants qui leur servent la soupe “blockchain”) en Bitcoin plutôt que de continuer à thésauriser l’or.

Pour illustrer la qualité des prévisions de ces économistes chevronnés, rappelons que 1 dollar qu’ils auraient investi en Bitcoin en 2015 présente 3 ans après (aout 2018) une plus value de 25 dollars.

Pendant ce temps, le rapport Landau soutient que Bitcoin ne peut pas remplir une fonction de réserve de valeur..